Campagne publicitaire Publicis sur la Tunisie, un peu trop sublimée ?

Campagne publicitaire Publicis sur la Tunisie, un peu trop sublimée ?

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C'est quoi ce truc ?

A l’occasion d’un séminaire qui s’est déroulé le 30 novembre, à Gammarth (banlieue de Tunis), l’agence de communication française Publicis, choisie  par le ministère du tourisme tunisien, pour «Incarner une nouvelle image de la Tunisie, authentique et contemporaine», a présenté sa nouvelle campagne publicitaire qui débutera au début de l’année 2013.

campagne publicitaire publicis pour la Tunisie
L’avenir du tourisme tunisien est-il entre de bonnes mains ?

Une campagne publicitaire ambitieuse, mais un peu éloignée de la réalité

Cette campagne, qui a pour slogan « Tunisie libre de tout vivre » ambitionne d’attirer près de 10 millions de touristes d’ici 2016. Pour y’arriver, l’agence mise essentiellement sur un matraquage publicitaire urbain et audiovisuel, à grands renforts d’images retouchées. Une opération séduction, en quelque sorte, qui ne reflète pourtant pas la réalité des choses et dont l’impact n’est pas garanti.

Dans un communiqué récent, le Ministère du tourisme préconisait de « crédibiliser l’offre proposée par la campagne qui se doit de coller à la réalité de la destination, tout en insistant sur certains aspects, élagués par les propositions tels que la gastronomie tunisienne ou encore les aspects de la vie quotidienne».

Et c’est d’ailleurs ce dernier point qui nous a interloqué : « la vie quotidienne ». En visionnant les premières images et «extraits vidéo» présentés lors du séminaire, on s’est  rapidement aperçu que l’on était bien loin de cette réalité, un peu trop  sublimée par des paysages de carte postale qui se perpétuent encore et toujours.

Les lacunes de cette campagne

Bien que l’objectif principal de cette campagne (qui aura coûté plusieurs millions d’euros au contribuable tunisien) demeure  la valorisation de toute la  richesse de la Tunisie (tourismes saharien, culturel, sportif, écologique et de bien-être),  on aurait souhaité une approche un peu plus terre à terre (On peut citer pour exemple, la campagne intitulée 7 jours pour changer qui s’est concentré essentiellement sur l’aspect sécuritaire du pays, afin de rassurer les voyageurs).
Qui plus est, cette campagne de promotion qui sera lancée durant le premier trimestre 2013, devrait, recourir à une utilisation plus poussée de l’outil Internet. Et l’outil internet, parlons en justement .

Des problèmes à corriger… à la source

Tant que l’office national du tourisme tunisien (ONTT), entre autres, continuera à sous-estimer les nouveaux moyens de promotion à l’instar du e-tourisme ou du m-tourisme, en se tournant vers des moyens de communication obsolètes (absence totale d’une stratégie de référencement naturel ou d’achat de mots clés) et une méconnaissance des outils de communication modernes, ou tout simplement la diffusion de contenu à jour et pertinent.  Tant qu’un touriste étranger, ou même un tunisien ne comprendra pas qui fait quoi sur les réseaux sociaux (nous prendrons pour exemple les nombreuses pages qui sont censées représenter le tourisme tunisien sur Facebook et qui sont à ce jour se révèlent incapables de répondre aux questions des futurs visiteurs de la Tunisie, ou de fournir une communication claire, sous un seul label).

Une restructuration totale s’impose donc en amont, et c’est dans ce sens qu’aurait du débuter toute campagne de communication digne de ce nom.

Une campagne franco-française ?

Nous regrettons naturellement l’absence totale d’une stratégie de communication qui aurait eu pour but de restructurer les moyens de communication Tunisiens  (gouvernementaux,  compagnies aériennes, sites d’aéroports, hôteliers, etc.). Comme vous pouvez l’imaginer, peu importe la portée qu’aura la campagne de Publicis, les « pages d’atterrissages » seront soit les sites web tunisiens non optimisés, soit des tours operators français ou comparateurs de vols étrangers, dans l’ère du temps côté technologie (des systèmes de paiements sécurisés des sites web optimisés, des community managers dédiés, etc).  L’on peut donc imaginer qui sera les grands gagnants de cette belle opération. Le but n’est donc pas d’obtenir une transaction franco-française, mais également d’en faire profiter indirectement, les acteurs locaux.

Un manque d’implication des la part des acteurs locaux

Nous observons une fois encore, d’une part, la dépendance des hôteliers vis à vis des principaux tours opérators (qui continuent de faire la pluie et le beau temps) et d’un autre coté, l’absence inhérente de sites d’informations touristiques tunisiens spécialisés, hormis quelques uns déjà existants sur le marché.  Pourtant, le secteur des nouvelles technologies constitue l’une des prérogatives de l’État Tunisien, comme l’attestent des chiffres en terme de couverture ADSL, 3G…. Pourquoi alors ne pas conjuguer les efforts de ces deux secteurs, afin d’optimiser et à moindre frais,  cette campagne publicitaire? surtout que les moyens et les compétences ne manquent certainement pas…

 

 Mehdi Ben Naceur

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