Histoire moderne

La période ottomane

En 1574, la Tunisie est annexée à l’Empire ottoman, en devenant l’une des ses provinces. Vers le 19ème siècle, la Tunisie devient totalement indépendante d’Istanbul. Et c’est sous la dynastie des beys Husseinites (Bey veut dire chef de clan en turc) que le pays subit de profondes réformes comme abolition de l’esclavage, l’adoption d’une constitution ou encore l’apparition d’un système éducatif….

La Tunisie à l'époque des Beys

Beys de Tunisie

Seulement voilà, en raison d’une politique économique désastreuse (due aux dépenses outrancières des Beys et aux ingérences étrangères), la Tunisie finit par être totalement ruinée en 1869. Convoitée par les grandes puissances européennes de l’époque (le Royaume-Uni, l’Italie et la France), c’est finalement cette dernière qui réussit à imposer son protectorat au Bey.

L’époque Coloniale (protectorat français)

Officialisé grâce au traité du Bardo, signé entre le Bey de Tunis et la France le 13 mai 1881, le protectorat marqua le début de l’occupation française. C’est le Résident Général de France, représentant officiel des intérêts de la République Française au sein de la nouvelle colonie tunisienne, qui s’accapara les pouvoirs du Bey déchu.

Le début du 20ème siècle est marqué par les premières actions entreprises contre l’exploitation coloniale du protectorat français. La répression violente de cette dernière envers les insurgés, finit par donner naissance en 1920, au Parti Libéral Constitutionnel (Parti du Destour), qui revendique haut et fort l’indépendance du pays.

Menze Bourguiba

Ferry Ville à l’époque coloniale, rebaptisée « Menzel Bourguiba » à l’indépendance

Habib Bourguiba, jeune diplômé en droit et membre actif du Destour va bientôt transformer l’avenir de la Tunisie. Il fonde en 1932, le journal L’Action Tunisienne, qui exhorte à l’indépendance et à la laïcité.Cette position va engendrer une division des militants nationalistes en deux branches: Le Destour,qui défend les valeurs traditionnelles de l’islam et le Néo-Destour, qui contrairement au premier, prône le modernisme. Face à la répression coloniale des années 30, Habib Bourguiba est isolé avec d’autres militants, avant d’être emprisonné en France, en 1936, pour conspiration contre la sûreté de l’Etat .
Refusant son allégeance au gouvernement fasciste de Vichy, Bourguiba est arrêté puis libéré en 1944. L’année 1952 marque le début de la résistance armée et des négociations entre les deux leaders (Habib Bourguiba, Salah Ben Youssef), et le gouvernement français.
A partir de 1954, les réformes de Pierre Mendès-France permettent la reconnaissance de l’autonomie interne de la Tunisie, et la formation d’un gouvernement intérimaire, composé de trois membres du Néo-Destour. Le traité de l’autonomie interne fut signé le 3 juin 1955, malgré l’opposition ferme de Salah Ben Youssef, qui soutient le panarabisme à cette époque. Finalement, c’est en faveur de Bourguiba que pencha la balance, évitant au peuple tunisien une guerre intestine qui aurait inévitablement conduit à un bain de sang. L’indépendance totale est finalement concédée à la Tunisie à la date du 20 mars 1956. Après l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante, un mois plus tard, Bourguiba fut proclamé président.

L’époque de Bourguiba (l’indépendance de la Tunisie et le premier état moderne)

A l’indépendance, le pouvoir est rendu au peuple tunisien. Habib Bourguiba est nommé président du Conseil par l’Assemblée Nationale. Les réformes se succèdent alors pour mettre en place un Etat moderne, parachever la souveraineté nationale et moderniser la société.
Bien que l’Islam reste la religion d’Etat, le pouvoir des chefs religieux s’en trouve fortement diminué. Bourguiba fait promulguer le code du statut personnel, qui octroie aux femmes, un statut totalement visionnaire dans le monde musulman, dépassant même celui des Françaises dans certains domaines ( reconnaissance des droits civiques de vote et d’éligibilité ; consentement requis pour le mariage ; abolition de la répudiation et remplacement par une procédure de divorce judiciaire ; interdiction de la polygamie ; fixation d’un âge minimum pour le mariage (18 ans) ; légalisation de la contraception et de l’avortement en Tunisie….)

Bourguiba, président de la Tunisie de 1957 à 1987

Le 25 juillet 1957, la monarchie est définitivement abolie et la Tunisie devient officiellement une République. Bourguiba est élu président le 8 novembre 1957. Il contribua fortement au développement de la Tunisie et à son rayonnement international.
A partir des années 80, face à une crise politique, économique et sociale qui touche de plein fouet la Tunisie , le régime commence à durcir. Surtout que cette période même, marquée par la dégradation de la santé de Bourguiba et les luttes de succession, encourage petit à petit la montée de l’islamisme radical.
Afin de combattre cet islamisme rampant qui va à l’encontre de tous ses principes, le père spirituel du pays fait alors appel au général Ben Ali, ministre de l’Intérieur puis Premier ministre…

L’époque Ben Ali (retour de la dictature)

Ben Ali profite de l’état de sénilité de Bourguiba afin de mener son coup d’Etat en bonne et due forme. Il le démène alors de ses fonctions en invoquant des raisons médicales.
Durant 23 années de règne sans partage, Ben Ali créé un climat sécuritaire de terreur au sein même de la population (notamment envers ceux qui osent s’opposer politiquement au régime). En parallèle, il favorise une situation de corruption dont les principaux instigateurs sont principalement issus de sa belle-famille (qualifié de clan quasi- mafieux), régie par sa propre épouse : Leila Trabelsi. Pas un secteur n’échappe au racket de la famille, de plus en plus insatiable et détestée par le peuple.

La révolution tunisienne (déclenchement du printemps arabe, révolution du jasmin)

Elle est initiée par l’immolation de Mohamed Bouazizi, un marchand ambulant de fruits et légumes originaire de la région de Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010. Cette action donne naissance à un mouvement de contestation qui finit par se propager dans l’ensemble du pays. Ces événements sont principalement liés à un contexte social (un taux de chômage élevé dont souffre les jeunes diplômés tunisiens) et politique par rapport à une corruption générale qui gangrène pratiquement toutes les strates de l’Etat.

révolution en Tunisie

La révolution Tunisienne du 14 janvier 2011

Le 14 janvier 2011 annonce la fin du régime de Ben Ali. Ce dernier fuit le pays à bord de son avion privé, avec plusieurs membres de sa famille, dont son épouse Leila et ses enfants. Le peuple tunisien se réveillé enfin d’un sommeil profond. Il vient de bouleverser l’histoire, pas seulement la sienne, mais aussi celle de tout le monde arabe ou les dictatures comment à s’écrouler les unes après les autres. Les tunisiens qui aspirent désormais à une meilleure vie et à un partage équitable des richesses du pays, vivent pour la première fois de leur histoire, une période de transition démocratique, sorte de laboratoire post-révolutionnaire dont l’issue marquera son avenir pour des siècles durant.