En ce début d’avril 2026, la situation hydrique en Tunisie affiche des signes de reprise encourageants après plusieurs années de sécheresse sévère. Grâce à une saison hivernale 2025-2026 particulièrement pluvieuse, les réserves stratégiques du pays ont bénéficié d’un apport salvateur.
Voici un point détaillé sur l’état actuel des barrages et de la pluviométrie :
Une amélioration chiffrée et notable
Le taux global de remplissage des barrages a connu une progression constante ces dernières semaines :
- Taux de remplissage : Au 31 mars 2026, les barrages affichent un taux de remplissage de 58 %.
- Volume stocké : Le stock hydrique national s’élève à environ 1,3 milliard de m³.
- Comparaison : Ce niveau est nettement supérieur à celui enregistré à la même période en 2025. À titre de rappel, les années 2022 à 2024 avaient vu ce taux chuter sous la barre critique des 20 %.
Un épisode pluvieux soutenu
Les précipitations récentes, incluant de la neige sur les hauteurs et de la grêle, ont été particulièrement bénéfiques pour le Nord du pays :
- Nord-Ouest et Cap Bon : Ces régions ont enregistré les cumuls les plus importants au 1er avril 2026, avec des pics à Béni Mtir (59 mm) et au barrage Bouhertma (57 mm).
- Ruissellement efficace : L’intensité exceptionnelle des épisodes pluvieux a favorisé un ruissellement optimal vers les zones de stockage.
- Impact agricole : Cette pluviométrie profite non seulement aux barrages, mais aussi aux grandes cultures, aux pâturages et commence à recharger les nappes phréatiques.
Une sérénité à relativiser
Bien que la situation soit jugée « confortable » pour aborder l’été 2026, les experts appellent à la prudence :
- Standards historiques : En année normale, le taux de remplissage devrait idéalement se situer entre 65 % et 70 % à la fin du premier trimestre. Le niveau actuel de 58 % reste donc en dessous de la zone de confort historique.
- Disparités géographiques : L’essentiel des ressources reste concentré dans le Nord-Ouest, tandis que le Centre et le Sud continuent de faire face à un stress hydrique chronique.
- Consommation estivale : La Tunisie perd près d’un million de m³ d’eau par jour durant l’été, une quantité colossale équivalente à la consommation annuelle de régions majeures comme le Grand Tunis ou Sfax.
Vers une gestion durable
Malgré cette embellie, la stratégie nationale s’oriente désormais vers une diversification des ressources pour ne plus dépendre uniquement du ciel :
- Le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées traitées sont devenus des piliers de la sécurité hydrique.
- Des projets innovants, tels que les barrages souterrains à Zaghouan, sont en cours de développement pour optimiser le stockage.
- Les autorités insistent sur la nécessité de maintenir les programmes de sensibilisation à la rationalisation de l’usage de l’eau, même en période d’abondance relative.




