La diaspora tunisienne, forte de plus de 1,5 million de citoyens (soit environ 12 % de la population totale), s’affirme plus que jamais comme le poumon économique de la Tunisie. En ce début d’année 2026, les nouveaux chiffres confirment une tendance structurelle : les Tunisiens résidant à l’étranger ne sont plus seulement des visiteurs estivaux, mais des investisseurs et des soutiens financiers de premier plan.
Des transferts de fonds historiques franchissant les 8,5 milliards de dinars
L’année 2025 s’est achevée sur un record spectaculaire, avec des transferts de fonds ayant dépassé les 8,5 milliards de dinars. Pour 2026, les projections de la Banque Centrale de Tunisie et du ministère de l’Économie prévoient une nouvelle progression de 6,4 %, visant la barre des 7 900 millions de dinars pour les flux formels, sans compter les entrées en devises lors de la saison estivale.
Cette résilience financière est cruciale : combinés aux recettes touristiques, ces transferts couvrent désormais près de 120 % du service de la dette extérieure du pays. La diaspora contribue ainsi directement à la stabilité du dinar et à la réduction du déficit de la balance des paiements.
Cap sur l’investissement productif : au-delà de l’immobilier
Le profil de l’investissement des TRE évolue. Si l’immobilier reste une valeur refuge, l’État tunisien multiplie les incitations pour orienter ces capitaux vers des secteurs à haute valeur ajoutée.
- Les chiffres clés : Plus de 717 projets ont été lancés récemment par des TRE dans le secteur des services, 170 dans l’agriculture et une vingtaine dans l’industrie.
- Priorités 2026 : Le gouvernement encourage désormais la diaspora à investir dans les technologies numériques, les énergies renouvelables et les industries pharmaceutiques via des avantages fiscaux renforcés et des mécanismes de garantie spécifiques. La contribution de la diaspora au Produit Intérieur Brut (PIB) est estimée à environ 7,7 %, faisant d’elle le premier « bailleur de fonds » national, devant les investissements directs étrangers (IDE) classiques.
Nouvelles mesures administratives et défis d’intégration
En 2026, plusieurs changements majeurs impactent la vie quotidienne et les droits des Tunisiens à l’étranger, en l’occurrence :
Les réformes fiscales : La Loi de Finances 2026 maintient des dispositifs d’allègement pour l’importation de véhicules (notamment hybrides et électriques) et facilite les procédures de dédouanement pour les effets personnels.
L’identité et la citoyenneté : En France, principal pays d’accueil, de nouvelles règles d’accès à la nationalité sont entrées en vigueur en janvier 2026, exigeant une maîtrise accrue de la langue française, ce qui mobilise les associations de la diaspora pour l’accompagnement des binationaux.
La digitalisation : Les services consulaires tunisiens poursuivent leur transformation numérique pour permettre l’obtention de documents administratifs (extraits de naissance, renouvellement de passeport) à distance, réduisant ainsi les délais d’attente lors des retours au pays.





