Dans la continuité du Sommet pour l’Action sur l’IA de Paris 2025 et à l’occasion du lancement de l’année franco-indienne, la France lance une nouvelle édition internationale de ses Défis Convergence IA, dans le cadre du plan d’investissement France 2030. Portée par plusieurs ministres — dont Anne Le Henanff, ministre chargée de l’Intelligence artificielle, et Nicolas Forissier, ministre chargé du Commerce extérieur — cette initiative affiche une ambition géopolitique et sociale renforcée : faire de l’intelligence artificielle non pas un outil de domination, mais un levier de coopération et de prospérité partagée entre les nations. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 10 avril 2026 sur la plateforme démarche.numerique.gouv.fr.
Un bilan encourageant pour la première saison
Lancée il y a un an, la première édition des Défis Convergence avait rencontré un succès retentissant : 120 propositions de défis déposées en seulement quatre jours ouvrés, une mobilisation internationale inédite. Au total, plus de 600 équipes — startups, laboratoires, ONG et collectivités — réparties dans une dizaine de pays ont relevé les 35 défis proposés par le Secrétariat général pour l’investissement. Résultat : des prototypes concrets ont émergé, ancrés dans les réalités locales tout en bénéficiant d’une dynamique internationale, dans des domaines aussi variés que la santé, l’agriculture, la culture, la robotique ou encore l’environnement.
2026 : le partage équitable de la valeur au cœur des enjeux
Cette nouvelle édition place un défi central en tête de ses priorités : mieux répartir la richesse générée par l’IA, aujourd’hui largement concentrée entre quelques grandes plateformes, alors que les données, les efforts et les ressources qui l’alimentent restent diffus et inégalement rémunérés. Pour y répondre, six hackathons seront organisés tout au long de l’année — dont deux à dimension internationale — en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD). Ils aborderont des thématiques majeures : réduction de la mortalité, accessibilité de l’éducation, lutte contre le réchauffement climatique, intégrité de l’information, inclusion numérique, mais aussi réinvention des chaînes de valeur mondiales de l’IA et organisation équitable du marché de l’emploi. Seront particulièrement valorisés les projets impliquant les communautés locales dans la co-gouvernance des données, ainsi que les outils open source permettant de tracer et redistribuer équitablement la valeur produite par les modèles d’IA.
Des critères d’évaluation exigeants
Dans le cadre de sa Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle, l’État entend intégrer un nouveau critère d’appréciation des projets : la transparence des chaînes de valeur, ou « fair value share ». Ce critère viendra compléter les standards habituels — capacité à lever des verrous technologiques, à combler des failles de marché, à générer des avantages concurrentiels — en y ajoutant une exigence explicite en matière d’inclusion, de diversité, d’éthique et de responsabilité dans l’usage de l’IA.
France 2030 : un cadre d’investissement ambitieux
Ce programme s’inscrit dans le plan France 2030, doté de 54 milliards d’euros, dont l’objectif est de positionner la France comme leader mondial de l’innovation dans les filières stratégiques. Deux engagements transversaux structurent l’ensemble du plan : consacrer 50 % des dépenses à la décarbonation de l’économie, et réserver 50 % aux acteurs émergents porteurs d’innovation. Le tout est piloté par le Secrétariat général pour l’investissement et mis en œuvre par l’ADEME, l’ANR, Bpifrance et la Banque des Territoires.
Source : La France en Tunisie





